En bref

  • Le droit de partage est un droit d'enregistrement de 2,5 % appliqué au montant du boni de liquidation.
  • Il est dû lorsque plusieurs associés se partagent le boni à la clôture de la liquidation.
  • Les sociétés unipersonnelles (SASU, EURL) en sont exonérées : le boni revient à un associé unique, sans indivision.
  • Le procès-verbal de clôture de liquidation doit être présenté au SIE (service des impôts des entreprises) pour enregistrement.
  • Des droits de mutation peuvent remplacer le droit de partage pour certains actifs (immeubles, fonds de commerce).
  • Le droit de partage est distinct de l'impôt sur le boni (flat tax ou barème progressif) que chaque associé doit ensuite acquitter.

Qu'est-ce que le droit de partage sur boni de liquidation ?

Définition du boni de liquidation

Le boni de liquidation est l'excédent financier qui reste après la clôture d'une société. Il apparaît lorsque les associés récupèrent plus que leurs apports initiaux, une fois toutes les dettes réglées.

Concrètement, le liquidateur vend les actifs, rembourse les créanciers, restitue les apports aux associés. S'il reste de l'argent, c'est le boni. Il correspond aux bénéfices accumulés et non distribués pendant la vie de la société.

Formule soustractive (la plus utilisée) :

Boni de liquidation = Capitaux propres – Capital social

Formule additive :

Boni de liquidation = Réserves + Report à nouveau + Bénéfices non taxés

Si le résultat est négatif, on parle de mali de liquidation : les associés récupèrent moins que leur mise de départ.

Le droit de partage : un droit d'enregistrement obligatoire

Le droit de partage est une taxe prélevée par l'administration fiscale lors de la formalité d'enregistrement du procès-verbal de clôture de liquidation.

Son taux est proportionnel et fixe : 2,5 % du montant du boni de liquidation. Il est prévu par le Code général des impôts et s'applique à toutes les formes sociales pluripersonnelles, sans distinction.

Exemple : pour un boni de liquidation de 40 000 €, le droit de partage s'élève à 1 000 € (40 000 × 2,5 %).

Droit de partage vs impôt sur le boni : deux taxes distinctes

Beaucoup les confondent. Voici la différence :

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TaxeQui la paie ?TauxMoment
Droit de partageLes associés collectivement (au prorata)2,5 %À l'enregistrement du PV
Impôt sur le boniChaque associé individuellement30 % (PFU) ou barème IRDéclaration annuelle

Le droit de partage est une formalité préalable. L'impôt sur le revenu du boni vient ensuite.

Qui doit payer le droit de partage ?

Les sociétés pluripersonnelles : règle générale

Le droit de partage est dû dès lors que le boni de liquidation est partagé entre plusieurs associés. Il incombe à chaque associé à proportion de sa participation dans le capital social.

Les formes concernées :

  • SARL (Société à responsabilité limitée)
  • SAS (Société par actions simplifiée)
  • SA (Société anonyme)
  • SCI (Société civile immobilière), qu'elle soit à l'IR ou à l'IS
  • Toute autre société à plusieurs associés

Le taux de 2,5 % s'applique identiquement à toutes ces formes, sans modulation selon la taille ou l'activité.

Les sociétés unipersonnelles : exonération totale

SASU et EURL échappent au droit de partage. La raison est simple : le boni revient à un associé unique. Aucune indivision ne se crée, donc aucun partage n'a lieu au sens fiscal.

L'exonération est totale, que le boni soit de 1 000 € ou de 500 000 €.

Cas particulier : les droits de mutation

Dans certaines situations, les droits de mutation se substituent au droit de partage de 2,5 %. Cela concerne les opérations portant sur :

  • Des immeubles ou droits immobiliers (taux variable selon la nature du bien)
  • Des fonds de commerce
  • Des pas de porte

Ces droits de mutation s'appliquent à la valeur vénale des biens concernés et peuvent être plus élevés que le taux de 2,5 %. C'est un point à vérifier systématiquement avant la liquidation d'une SCI ou d'une société détenant des actifs immobiliers.

Comment calculer l'assiette du droit de partage ?

L'assiette : l'actif net partagé

Le droit de partage se calcule sur l'actif net partagé, c'est-à-dire la somme effectivement distribuée aux associés au-delà du remboursement de leurs apports.

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La distinction est importante :

  • Le remboursement des apports (capital social) est exonéré de droit de partage.
  • Seul l'excédent (le boni) constitue l'assiette taxable.

Exemple chiffré :

ÉlémentMontant
Actif net total après liquidation80 000 €
Capital social remboursé20 000 €
Boni de liquidation (assiette)60 000 €
Droit de partage (2,5 %)1 500 €

Répartition entre associés

Chaque associé supporte le droit de partage en proportion de sa quote-part dans le boni. Si un associé détient 60 % du capital, il prend en charge 60 % du droit de partage total.

Reprenons l'exemple : droit de partage total = 1 500 €.

AssociéParticipationPart du droit de partage
Associé A60 %900 €
Associé B40 %600 €

Procédure d'enregistrement du procès-verbal de liquidation

Le document à présenter

L'enregistrement requiert la présentation du procès-verbal de clôture des opérations de liquidation. Ce document doit obligatoirement mentionner :

  • La clôture des opérations de liquidation et la décharge du liquidateur
  • Le montant total du boni de liquidation
  • Les modalités de répartition entre les associés (nom, quote-part, montant attribué)
  • L'approbation des comptes de liquidation par l'assemblée des associés

Où et quand déposer ?

Le PV doit être présenté au service des impôts des entreprises (SIE) dont dépend le siège social de la société.

Le délai est d'un mois à compter de la date de l'acte ou de la décision constatant le partage. Passé ce délai, des pénalités de retard s'appliquent.

Le règlement du droit de partage intervient lors du dépôt. Le SIE procède à l'enregistrement et restitue le document avec le cachet fiscal.

Après l'enregistrement

Une fois le PV enregistré et le droit de partage acquitté :

  • Les fonds peuvent être distribués aux associés
  • Les comptes sont déposés au greffe du tribunal de commerce
  • Un avis de liquidation est publié dans un journal d'annonces légales
  • La société est radiée du registre du commerce et des sociétés (RCS)

Imposition du boni de liquidation après le droit de partage

Le droit de partage ne solde pas l'affaire fiscalement. Chaque associé doit ensuite déclarer et acquitter l'impôt sur sa quote-part de boni.

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Pour les personnes physiques

Le boni reçu s'analyse comme un dividende au sens fiscal. Deux régimes d'imposition au choix :

Option 1 — Prélèvement forfaitaire unique (PFU / flat tax) :

  • Taux global de 30 % (12,8 % d'IR + 17,2 % de prélèvements sociaux)
  • Applicable automatiquement en 2026
  • Simple et prévisible

Option 2 — Barème progressif de l'IR :

  • Abattement de 40 % sur le montant du boni avant application du barème
  • Prélèvements sociaux de 17,2 % calculés sans abattement
  • Une fraction de la CSG devient déductible des revenus imposables
  • Intéressant si le taux marginal d'imposition est inférieur à 30 %

Pour les personnes morales

Lorsque l'associé est une société soumise à l'IS, le boni est intégré dans le résultat imposable au taux normal (25 %) ou réduit (15 % jusqu'à 42 500 €).

Régime mère-fille (article 216 du CGI) : si la société mère détient au moins 5 % du capital de la filiale liquidée depuis plus de deux ans, 95 % du boni est exonéré d'IS. Seule une quote-part de 5 % pour frais et charges reste imposable. C'est une optimisation fiscale significative pour les structures en holding.

Tableau récapitulatif de l'imposition

BénéficiaireRégimeTaux effectif
Personne physiquePFU (flat tax)30 %
Personne physiqueBarème IR + abattement 40 %Variable (0 % à 45 % + 17,2 % PS)
Personne morale (IS)Taux droit commun25 % (ou 15 %)
Holding (régime mère-fille)IS sur 5 %~1,25 % effectif

Particularités selon la forme juridique

SCI à l'IR

La SCI à l'IR est transparente fiscalement. Chaque associé est imposé directement sur sa quote-part de résultat. Le boni de liquidation est soumis au droit de partage de 2,5 %. L'imposition personnelle se fait ensuite au barème IR ou au PFU.

Attention : si des biens immobiliers sont attribués en nature, les droits de mutation remplacent le droit de partage sur la valeur de ces biens.

SCI à l'IS

La SCI à l'IS supporte une double imposition. La société paie d'abord l'IS sur les plus-values réalisées lors de la vente des actifs. Le boni distribué aux associés est ensuite imposé à titre personnel.

Le droit de partage de 2,5 % s'applique sur l'actif net distribué après IS.

SAS / SARL

Le droit de partage de 2,5 % s'applique sans particularité. La répartition suit en principe la détention d'actions ou de parts sociales. Les statuts peuvent prévoir une répartition différente, sous réserve qu'elle ne soit pas léonine (déséquilibre total au détriment d'un associé).

SASU / EURL

Pas de droit de partage. L'associé unique perçoit l'intégralité du boni sans formalité d'enregistrement à ce titre. Seule la déclaration fiscale personnelle (ou IS) est requise.