Un maire de village travaille souvent autant qu’un cadre. Mais combien est-il payé ? La réponse surprend souvent. En France, le maire ne perçoit pas de salaire. Il touche une indemnité de fonction. Pour une commune de 1 000 habitants, ce montant est précis, encadré par la loi, et a même été revalorisé fin 2025. Voici tout ce que vous devez savoir.

En bref

  • Le maire d’une commune de 1 000 habitants perçoit une indemnité de fonction, pas un salaire
  • En 2026, cette indemnité s’élève à environ 1 566 € brut par mois pour la tranche 500–999 habitants
  • Ce montant est calculé sur la base de l’indice brut terminal 1027 de la fonction publique (4 110,52 € brut)
  • Des majorations peuvent s’appliquer selon le statut de la commune
  • Une loi de décembre 2025 a revalorisé les indemnités des maires des communes de moins de 20 000 habitants
  • Le maire peut cumuler cette indemnité avec un emploi, dans certaines limites

Indemnité ou salaire : quelle différence pour un maire ?

Beaucoup de gens parlent du « salaire » d’un maire. Juridiquement, ce terme est inexact.

L’article L2123-17 du Code général des collectivités territoriales (CGCT) pose un principe clair : les fonctions de maire, d’adjoint ou de conseiller municipal sont gratuites. Le mandat local n’est pas une activité salariée. Il n’ouvre donc pas droit à un salaire au sens du droit du travail.

Pour autant, l’État reconnaît que ces fonctions demandent du temps et engendrent des frais. C’est pourquoi l’article L. 2123-20 du même code prévoit le versement d’une indemnité de fonction. Cette indemnité compense deux choses :

  • La réduction des activités personnelles et professionnelles du maire
  • Les frais liés à l’exercice du mandat

La différence est importante. Un salaire rémunère un travail. Une indemnité compense une charge. Sur le plan fiscal, le traitement n’est pas identique non plus.

Combien touche exactement un maire de 1000 habitants en 2026 ?

Pour calculer l’indemnité d’un maire, il faut connaître deux éléments : l’indice de référence et le taux applicable selon la taille de la commune.

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L’indice de référence

Toutes les indemnités des élus locaux sont calculées sur la base de l’indice brut terminal 1027 de la fonction publique. Depuis le 1er janvier 2024, cet indice est fixé à 4 110,52 € brut.

Le taux selon la tranche de population

Chaque tranche de population correspond à un pourcentage de cet indice. Voici les montants en vigueur en 2026, après la revalorisation de décembre 2025 :

Population de la communeTaux de l’indiceIndemnité brute mensuelle
Moins de 500 habitants28,1 %~1 155 €
500 à 999 habitants38,1 %~1 566 €
1 000 à 3 499 habitants51,6 %~2 121 €
3 500 à 9 999 habitants65,1 %~2 676 €
10 000 à 19 999 habitants90 %~3 699 €
20 000 à 49 999 habitants110 %~4 522 €
50 000 à 99 999 habitants130 %~5 344 €
100 000 habitants et plus145 %5 960 €

Une commune de 1 000 habitants se situe dans la tranche 1 000–3 499 habitants. Son maire perçoit donc environ 2 121 € brut par mois.

Si la commune compte 999 habitants, le maire se retrouve dans la tranche inférieure (500–999 habitants), avec environ 1 566 € brut. Un seul habitant de plus fait une différence de plus de 500 € par mois.

Le conseil municipal reste libre de voter une indemnité inférieure au plafond légal. C’est rare, mais cela arrive.

Brut ou net : ce que le maire perçoit vraiment chaque mois

L’indemnité affichée dans les tableaux officiels est toujours exprimée en brut. Le montant net est différent.

Les élus locaux bénéficient d’un dispositif fiscal avantageux : la Fraction Représentative des Frais d’Emploi (FRFE). C’est un abattement fiscal spécifique qui s’applique à leur indemnité avant calcul de l’impôt. Son montant varie selon la taille de la commune.

Concrètement, un maire de 1 000 habitants qui perçoit 2 121 € brut touchera environ 1 600 à 1 750 € net après prélèvements sociaux et fiscaux, selon sa situation personnelle.

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Pour situer cette somme dans un contexte plus large : selon les données de Radio France, 90 % des maires de France touchent moins de 1 900 € net par mois. La grande majorité des édiles administrent de petites communes. Leur indemnité ne leur permet pas de vivre uniquement de leur mandat.

Quelles majorations peuvent augmenter cette indemnité ?

La taille de la commune n’est pas le seul critère. Des majorations s’appliquent dans certains cas spécifiques. Elles sont votées par le conseil municipal dans la limite des plafonds légaux.

Voici les principales majorations prévues par le CGCT :

  • +25 % pour les maires des communes chefs-lieux de département
  • +20 % pour les chefs-lieux d’arrondissement
  • +15 % pour les anciens chefs-lieux de canton
  • Jusqu’à +50 % pour les communes classées stations touristiques (doublant leur population en saison)

Ces majorations peuvent changer sensiblement le calcul final. Le maire d’une petite commune classée station thermale ou de montagne peut toucher bien plus que ce que le tableau de base indique.

La revalorisation de décembre 2025 : ce qui a changé

Avant les élections municipales de 2026, le Parlement a adopté une revalorisation importante des indemnités des élus locaux. La loi a été promulguée le 8 décembre 2025.

Pourquoi cette loi ?

Entre 2020 et 2025, 2 189 maires ont démissionné en cours de mandat. Cette vague de départs inquiétait les pouvoirs publics. Beaucoup d’élus de petites communes justifiaient leur départ par le décalage entre la charge du mandat et l’indemnité perçue.

Ce qui a changé concrètement

Les taux ont été revus à la hausse pour toutes les communes de moins de 20 000 habitants. Voici l’exemple pour les plus petites :

TrancheAvant (taux)Après (taux)Évolution
Moins de 500 habitants25,5 %28,1 %+2,6 points
500 à 999 habitantsTaux réajusté38,1 %Hausse significative
1 000 à 3 499 habitantsTaux réajusté51,6 %Hausse significative

Pour un maire de commune de moins de 500 habitants, cela représente environ 100 € brut de plus par mois. Une revalorisation modeste, mais symboliquement importante pour des élus souvent bénévoles dans les faits.

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Le maire peut-il cumuler avec un autre revenu ?

Oui, et c’est très courant dans les petites communes.

La grande majorité des maires de communes de moins de 3 500 habitants exercent une activité professionnelle à temps plein en parallèle. Leur indemnité de maire complète leurs revenus, sans les remplacer.

La loi encadre cependant ce cumul. Un élu qui détient plusieurs mandats indemnisés ne peut pas percevoir plus de 8 897 € brut par mois au total. Au-delà de ce plafond, le surplus est écrêté : il est reversé au budget de la collectivité dans laquelle l’élu a exercé le plus récemment.

En pratique, ce plafond de cumul concerne surtout les élus cumulant mairie et présidence d’une intercommunalité, d’un département ou d’une région.

Le principe d’automaticité : le maire touche-t-il toujours le maximum ?

Depuis le 31 mars 2015, un principe d’automaticité s’applique aux indemnités des maires. Concrètement : le taux maximal prévu par la loi est versé automatiquement, sans qu’une délibération soit nécessaire.

Avant cette date, c’était l’inverse. Chaque conseil municipal devait délibérer pour fixer le montant. Ce système exposait les maires à des pressions politiques locales.

Aujourd’hui, le conseil municipal peut encore voter une indemnité inférieure au plafond, mais uniquement à la demande du maire lui-même. Certains édiles, par conviction personnelle, demandent à reverser une partie de leur indemnité au budget communal. Ce choix reste rare et personnel.

Ce que le maire perçoit en plus de son indemnité

L’indemnité de fonction n’est pas le seul avantage financier du mandat de maire.

Les maires ont droit au remboursement de leurs frais de mandat : frais de déplacement, de représentation, parfois de communication. Ces remboursements doivent obligatoirement faire l’objet d’un vote du conseil municipal. Ils sont ensuite contrôlables par le préfet ou la chambre régionale de la Cour des comptes.

Les élus locaux bénéficient également d’un droit à la formation. Les communes sont tenues de financer des formations pour leurs élus. Ce droit est souvent méconnu, surtout dans les petites communes rurales.

Enfin, les maires cotisent pour leur retraite sur la base de leurs indemnités perçues. Pour ceux qui exercent un mandat de longue durée sans autre activité, cela peut avoir un impact sur leurs droits à la pension.


Sources : Code général des collectivités territoriales (articles L2123-17 et L. 2123-20), collectivités-locales.gouv.fr, France 3 Régions, HelloWork, La Finance Pour Tous — données 2026.