Votre mission d'intérim touche à sa fin et vous vous demandez ce qui doit apparaître sur votre dernier bulletin de paie. La prime de fin de mission, aussi appelée indemnité de fin de mission (IFM), fait partie de vos droits. Elle compense le caractère temporaire de votre contrat. Encore faut-il savoir comment elle se calcule, quand elle est versée, et dans quels cas elle peut être supprimée.

En bref

  • La prime de fin de mission, ou indemnité de fin de mission (IFM), équivaut à 10 % de votre rémunération brute totale perçue pendant la mission.
  • Elle est versée en même temps que votre dernier salaire, généralement entre le 8 et le 12 du mois suivant.
  • Elle s'ajoute à l'indemnité compensatrice de congés payés (ICCP), calculée elle aussi à 10 %.
  • Elle n'est pas due en cas d'embauche en CDI immédiate, de rupture à votre initiative, de faute grave ou de mission saisonnière.
  • Le taux peut descendre à 6 % si un accord de branche le prévoit, en échange d'un accès à la formation professionnelle.
  • Vous pouvez la placer sur un compte épargne temps (CET) au lieu de la percevoir immédiatement.

Qu'est-ce que la prime de fin de mission en intérim

Une compensation pour un emploi précaire

La prime de fin de mission est encadrée par l'article L1251-32 du Code du travail. Le texte la définit comme un complément de salaire destiné à compenser la précarité de votre situation. Contrairement à un salarié en CDI, vous enchaînez des contrats courts sans garantie de continuité. Cette indemnité vient réduire l'écart de protection sociale entre les deux statuts.

On l'appelle aussi prime de précarité, un terme qui désigne la même chose que pour les CDD. La logique est identique : votre entreprise de travail temporaire (ETT) verse cette somme à l'issue de chaque contrat de mission, peu importe sa durée, du moment que la mission a réellement eu lieu.

Qui la verse, et qui la paie réellement

C'est votre agence d'intérim, en tant qu'employeur légal, qui vous verse l'IFM. Mais dans les faits, c'est l'entreprise utilisatrice qui la finance indirectement. L'agence intègre son coût dans le coefficient de facturation appliqué au client. Ce détail n'a aucun impact sur votre versement : votre seul interlocuteur reste votre agence.

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Comment calculer votre prime de fin de mission

La base de calcul : votre rémunération brute totale

Le calcul part de l'ensemble de vos revenus bruts perçus pendant la mission, renouvellements inclus. Cette base comprend :

  • votre salaire de base mensuel ou horaire ;
  • les majorations pour heures supplémentaires ou travail de nuit ;
  • les primes liées à la mission (prime de production, prime de rendement, etc.).

Les frais professionnels ne sont pas comptabilisés. Indemnités kilométriques, tickets restaurant ou prime de panier restent hors de cette base de calcul.

Le taux applicable : 10 %, parfois 6 %

Le montant légal minimum de l'indemnité de fin de mission est de 10 % de la rémunération totale brute. C'est le taux qui s'applique par défaut, sauf disposition différente.

Une convention collective, un accord de branche étendu ou un accord d'entreprise peut réduire ce taux jusqu'à 6 %. Cette baisse n'est possible qu'en contrepartie d'un avantage réel pour vous, le plus souvent un accès facilité à la formation professionnelle. Vérifiez votre convention collective avant de vous étonner d'un montant plus bas que prévu.

Exemple de calcul chiffré

Prenons un cas concret pour une mission d'un mois.

ÉlémentMontant brut
Salaire de base2 000 €
Prime de production150 €
Base de calcul (salaire + prime)2 150 €
IFM à 10 %215 €
ICCP à 10 % (sur base + IFM)environ 236,50 €

Votre bulletin de paie final affichera donc une ligne "IFM" et une ligne "ICCP" distinctes, en plus de votre salaire. L'IFM apparaît toujours en brut. Pour estimer le net, comptez environ 23 % de charges sociales en moins, soit près de 165 € net dans cet exemple.

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Quand et comment est-elle versée

Le calendrier de versement

Votre IFM est payée en même temps que votre dernier salaire de mission, par virement bancaire. Chez la plupart des agences, ce versement intervient entre le 8 et le 12 du mois suivant la fin de votre période travaillée. Pour une mission terminée le 20 juillet, comptez un virement autour du 9 août.

Si vous enchaînez plusieurs missions successives chez le même client, chaque contrat génère sa propre IFM. Un renouvellement de mission ne remet pas en cause le versement des indemnités déjà acquises sur la période précédente.

IFM et ICCP : deux indemnités distinctes mais liées

L'indemnité compensatrice de congés payés (ICCP) accompagne systématiquement l'IFM à la fin de votre contrat. Elle aussi représente 10 % de votre rémunération, mais son assiette de calcul inclut l'IFM elle-même. L'ordre de calcul compte : votre IFM doit être déterminée avant votre ICCP, car cette dernière se calcule sur la rémunération totale, IFM comprise.

Épargner sa prime sur un compte épargne temps

Plutôt que de percevoir votre IFM immédiatement, vous pouvez demander à la placer sur un compte épargne temps (CET) si votre agence en propose un. L'avantage : un rendement annuel qui dépasse souvent celui d'un livret bancaire classique. Vous gardez la liberté de débloquer les fonds à tout moment, sans frais, pour financer un projet personnel ou une période sans mission. La demande de déblocage doit généralement être adressée quelques jours avant la date souhaitée, renseignez-vous auprès de votre agence sur le délai exact.

Dans quels cas la prime de fin de mission n'est pas versée

L'article L1251-33 du Code du travail prévoit plusieurs exceptions à ce droit. Voici les situations où vous ne toucherez pas d'IFM.

SituationRaison
Embauche en CDI par l'entreprise utilisatrice à l'issue de la missionLa précarité cesse, l'IFM n'a plus lieu d'être
Rupture anticipée du contrat à votre initiativeVous êtes à l'origine de la fin de mission
Rupture pour faute grave ou force majeureSanction ou événement exceptionnel
Refus d'un renouvellement déjà prévu au contrat initialLes modalités étaient connues dès l'origine
Mission à caractère saisonnierRégime spécifique, hors champ de l'IFM
Mission de formation, bilan de compétences ou VAEObjectif différent d'un emploi classique
Contrat à durée indéterminée intérimaire (CDI-I)Vous êtes employé de façon permanente par l'agence

Un cas particulier mérite attention : si un juge requalifie votre CDD ou votre mission d'intérim en CDI, l'IFM reste due ou acquise. La requalification ne vous prive pas de ce droit déjà constitué.

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La fiscalité de votre prime de fin de mission

Votre IFM est soumise aux mêmes cotisations sociales que votre salaire principal, ainsi qu'à la CSG et à la CRDS. Elle est imposable au titre de l'impôt sur le revenu et apparaît automatiquement dans le montant pré-rempli de votre déclaration de revenus. Le prélèvement à la source s'applique directement dessus, au même taux que votre rémunération.

Si votre situation personnelle change en cours d'année, pensez à mettre à jour votre taux de prélèvement auprès de l'administration fiscale. Votre agence d'intérim appliquera automatiquement le nouveau taux transmis.

Cas particuliers à connaître

Une proposition de CDI change la donne

Si l'entreprise utilisatrice vous propose un CDI immédiatement après votre mission, vous perdez le bénéfice de l'IFM sur cette dernière mission. La logique : le statut précaire disparaît au profit d'un emploi stable. Si vous envisagez de refuser ce CDI pour des raisons professionnelles légitimes, vous conservez vos droits sur les missions déjà effectuées, mais pas sur celle qui se transforme.

Les contractuels de la fonction publique aussi concernés

Depuis le 1er janvier 2021, une indemnité de fin de contrat équivalente existe pour les contractuels des trois fonctions publiques : État, territoriale et hospitalière. Elle reste soumise à des conditions précises : contrat d'une durée inférieure à un an, rémunération sous un plafond fixé chaque année, et absence de nouvel engagement à l'issue du contrat. Ce dispositif suit la même philosophie que l'IFM du secteur privé, sans en être une copie exacte.

Vérifier votre bulletin de paie

Pour vous assurer de percevoir ce qui vous revient, gardez ces réflexes :

  • Relisez votre contrat de mission : les indemnités légales y sont mentionnées.
  • Repérez les lignes IFM et ICCP sur votre bulletin de paie final.
  • Contactez votre agence en cas de doute sur le taux appliqué (10 % ou 6 %).
  • Consultez votre convention collective si un accord de branche prévoit des règles spécifiques.

La prime de fin de mission représente une part non négligeable de votre rémunération globale en intérim. La connaître précisément vous permet de mieux anticiper vos revenus entre deux contrats et de vérifier que votre agence respecte ses obligations.