La convention collective de la métallurgie fixe un salaire minimum pour chaque poste. Ce minimum dépend de la classe d'emploi du salarié, pas de son ancienneté ni de son diplôme. Encore faut-il savoir lire la grille et connaître les montants à jour pour 2026.

Voici le détail complet des salaires minima hiérarchiques, la méthode de classement des emplois et les règles de vérification que tout employeur ou salarié de la branche doit connaître.

En bref

  • La grille des salaires minima hiérarchiques (SMH) de la métallurgie va de 21 980 € brut annuel (classe 1) à 68 450 € brut annuel (classe 18) pour 35 heures hebdomadaires.
  • Chaque emploi est classé selon 6 critères (complexité, connaissances, autonomie, contribution, encadrement, communication), notés de 1 à 10, dont la somme donne une cotation.
  • La cotation détermine une classe (1 à 18) puis un groupe d'emplois (A à I).
  • Les salariés au forfait heures touchent une majoration de 15 %, ceux au forfait jours une majoration de 30 %.
  • Le groupe F (classes 11 et 12) bénéficie d'un barème adapté durant les 6 premières années d'expérience.
  • Si le SMH est inférieur au SMIC, c'est le SMIC qui s'applique.
  • Le barème est renégocié chaque année entre syndicats et UIMM, en général fin du premier trimestre.

Comment fonctionne la classification des emplois en métallurgie

Depuis le 1er janvier 2024, une seule convention collective nationale régit la métallurgie : l'IDCC 3248. Elle remplace 76 conventions territoriales qui coexistaient auparavant, comme celle des industries métallurgiques du Rhône ou celle des ingénieurs et cadres.

Cette unification simplifie la lecture du salaire minimum. Peu importe votre région, un même poste correspond désormais au même minimum conventionnel partout en France.

Le classement d'un emploi repose sur 6 critères indépendants, chacun noté de 1 à 10 :

  • la complexité de l'activité
  • les connaissances requises
  • l'autonomie laissée au salarié
  • la contribution apportée à l'entreprise
  • l'encadrement et la coopération
  • la communication
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Chaque critère reçoit un degré. L'addition des 6 degrés donne la cotation du poste, un nombre de points compris entre 6 et 60. Cette cotation détermine ensuite la classe d'emploi, puis le groupe.

Les postes non-cadres se répartissent dans les groupes A à E. Les postes cadres occupent les groupes F à I. Un même salarié peut évoluer d'un groupe à l'autre au fil de sa carrière, sans changer d'entreprise, simplement parce que ses missions évoluent.

Le tableau de correspondance cotation, classe et groupe

CotationClasse d'emploiGroupe d'emploisStatut
6 à 91ANon-cadre
10 à 122ANon-cadre
13 à 153BNon-cadre
16 à 184BNon-cadre
19 à 215CNon-cadre
22 à 246CNon-cadre
25 à 277DNon-cadre
28 à 308DNon-cadre
31 à 339ENon-cadre
34 à 3610ENon-cadre
37 à 3911FCadre
40 à 4212FCadre
43 à 4513GCadre
46 à 4814GCadre
49 à 5115HCadre
52 à 5416HCadre
55 à 5717ICadre
58 à 6018ICadre

Ce tableau permet de situer n'importe quel poste. Une fois la classe connue, il suffit de la reporter dans la grille de salaires pour connaître le minimum applicable.

Grille des salaires minima hiérarchiques 2026

Voici la grille des salaires en métallurgie applicable depuis le 1er janvier 2026, revalorisée en moyenne de 0,86 % par un avenant signé avec les organisations syndicales. Les montants correspondent à un temps plein de 35 heures hebdomadaires, soit 151,66 heures par mois.

GroupeClasseSMH base 35hForfait heures (+15 %)Forfait jours (+30 %)
A121 980 €25 277 €28 574 €
A222 100 €25 415 €28 730 €
B322 710 €26 117 €29 523 €
B423 620 €27 163 €30 706 €
C524 510 €28 187 €31 863 €
C625 780 €29 647 €33 514 €
D726 680 €30 682 €34 684 €
D828 700 €33 005 €37 310 €
E930 760 €35 374 €39 988 €
E1033 970 €39 066 €44 161 €
F1135 200 €40 480 €45 760 €
F1237 000 €42 550 €48 100 €
G1340 350 €46 403 €52 455 €
G1444 250 €50 888 €57 525 €
H1547 380 €54 487 €61 594 €
H1652 370 €60 226 €68 081 €
I1759 720 €68 678 €77 636 €
I1868 450 €78 718 €88 985 €

Le forfait jours concerne les cadres autonomes, avec une majoration calculée sur un forfait complet de 214 jours travaillés. Si votre forfait compte moins de jours (206, 210 ou 217 selon les entreprises), le montant se calcule au prorata.

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Le forfait heures s'applique aux salariés dont le temps de travail est décompté en heures sur l'année, avec une majoration fixe de 15 % par rapport au SMH base 35 heures.

Le cas particulier du groupe F pour les salariés débutants

Un jeune cadre qui rejoint le groupe F, classe 11 ou 12, ne touche pas immédiatement le SMH plein. La convention prévoit un barème progressif sur ses 6 premières années d'expérience professionnelle.

ClasseMoins de 2 ans d'expérienceDe 2 à 4 ans d'expérienceDe 4 à 6 ans d'expérience
1128 430 €29 852 €32 240 €
1229 940 €31 437 €33 952 €

Une année d'expérience compte dès lors qu'elle a été acquise comme cadre, ou dans un poste ayant permis de développer des compétences liées à la fonction occupée. Ces années peuvent provenir de plusieurs entreprises et de plusieurs contrats successifs.

Pour les contrats d'apprentissage ou de professionnalisation, le calcul diffère légèrement. Deux ans en alternance comptent pour un an d'expérience professionnelle. Passé les 6 années, le salarié bascule automatiquement sur le barème unique classique.

SMIC ou salaire minimum conventionnel : lequel s'applique

L'employeur doit respecter le montant le plus favorable au salarié, entre le SMIC légal et le SMH conventionnel. Ces deux références évoluent chacune de leur côté, avec des dates de revalorisation différentes.

Pour 2026, le SMIC annuel brut atteint 22 404,24 €. Or les classes 1 et 2 du groupe A affichent un SMH de 21 980 € et 22 100 €, inférieurs au SMIC. Dans ce cas précis, c'est le SMIC qui prime, pas le montant conventionnel.

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Pour un salarié à temps partiel, le minimum se calcule au prorata des heures effectuées. Un salarié en classe 15, groupe H, travaillant 30 heures par semaine, doit percevoir au minimum 40 611 € brut annuel, soit 47 380 € multiplié par 30 sur 35.

Quels éléments de rémunération comptent pour vérifier le minimum

Pour vérifier si un salarié touche bien le minimum conventionnel, il faut additionner certains éléments de paie et en exclure d'autres.

Éléments à inclureÉléments à exclure
Salaire de basePrime d'ancienneté
Avantages en naturePrimes pour travaux dangereux ou insalubres
CommissionsContreparties liées à des conditions particulières de travail (astreinte)
Remboursements de frais professionnels
Primes et gratifications exceptionnelles
Rémunération liée à une invention de mission
Intéressement, participation, abondement épargne salariale

Cette distinction évite les confusions fréquentes. Une prime d'ancienneté généreuse ne compense jamais un salaire de base sous le minimum conventionnel. Les deux se vérifient séparément.

La comparaison s'effectue chaque année civile, pas seulement au moment de l'embauche. Une revalorisation du barème sans ajustement du salaire réel peut faire basculer un salarié sous le minimum, même sans changement de poste.

Que faire si votre salaire est sous le minimum conventionnel

Si votre salaire de base, augmenté des avantages en nature et commissions, reste inférieur au SMH de votre classe, votre employeur doit procéder à un rattrapage. Voici la marche à suivre :

  • Identifiez votre classe d'emploi sur votre bulletin de paie ou votre contrat de travail.
  • Reportez-vous à la grille SMH correspondant à votre durée de travail : 35 heures, forfait heures ou forfait jours.
  • Comparez ce montant à votre rémunération réelle, en excluant les primes non prises en compte.
  • Si l'écart est confirmé, sollicitez votre service RH ou votre représentant du personnel.
  • Vérifiez si un accord d'entreprise plus favorable existe déjà : dans ce cas, c'est lui qui prime sur le barème de branche.

Un accord d'entreprise, d'établissement ou de groupe prévoyant un salaire supérieur au barème de la métallurgie reste toujours prioritaire sur la convention nationale.

Une période transitoire pour les petites entreprises

Certaines entreprises de 150 salariés ou moins bénéficient d'un délai supplémentaire. Si l'application du barème unique entraîne une hausse de leur masse salariale annuelle de plus de 5 %, pour au moins 25 % de leurs effectifs, elles peuvent reporter sa mise en œuvre complète jusqu'au 1er janvier 2030.

Cette mesure vise à laisser le temps aux structures les plus fragiles financièrement d'absorber progressivement la revalorisation issue de l'unification des conventions territoriales. Elle ne dispense toutefois pas de respecter le SMIC, qui reste un plancher incompressible dans tous les cas.

Enfin, retenez qu'une garantie conventionnelle individuelle de rémunération protège chaque salarié. Personne ne peut voir son salaire baisser du fait de l'entrée en vigueur de cette nouvelle grille.