Vous consultez votre relevé bancaire et découvrez un débit inattendu d’environ 108 euros ? Pas de panique. Dans l’immense majorité des cas, ce mouvement financier correspond à la mensualisation de la taxe foncière orchestrée par l’administration fiscale.
Cependant, avec la recrudescence des fraudes SEPA et des abonnements cachés, la vigilance est de mise. Ce guide vous explique pourquoi ce montant précis apparaît sur votre compte, comment certifier qu’il s’agit bien de la DGFiP et quelles actions mener immédiatement si vous suspectez une arnaque.
Pourquoi un prélèvement de 108 euros apparaît-il sur votre compte ?
Si vous êtes propriétaire d’un bien immobilier, ce prélèvement est la conséquence logique de la mensualisation de vos impôts locaux. Pour faciliter la gestion budgétaire des ménages, la Direction Générale des Finances Publiques (DGFiP) divise le montant annuel de votre impôt par dix.
Ces prélèvements s’étalent de janvier à octobre. Mais pourquoi ce montant spécifique de 108 euros ? Il s’agit tout simplement d’une statistique nationale : le montant moyen de la mensualité de la taxe foncière en France tourne autour de 108,80 euros.
Si vous voyez passer cette somme, cela signifie que votre taxe foncière annuelle avoisine les 1 088 euros. Ce système de lissage permet d’éviter un effort de trésorerie trop brutal en fin d’année.
Comment vérifier la légitimité de ce prélèvement (DGFiP) ?
Avant de crier au loup, vous devez confirmer l’identité de l’émetteur. Les prélèvements de l’État respectent des normes strictes qui permettent de les identifier rapidement.
Analyser le libellé du virement et la référence
La première étape consiste à examiner attentivement le libellé de l’opération sur votre relevé de compte (papier ou application bancaire). L’administration fiscale utilise des identifiants clairs. Vous devez également repérer la Référence Unique de Mandat (RUM) qui lie votre compte au créancier.
Voici un tableau pour vous aider à distinguer le vrai du faux :
| Type de prélèvement | Libellés fréquents et fiables | Indices suspects (Arnaques/Erreurs) |
|---|---|---|
| Identité de l’émetteur | « PRÉLÈVEMENT DGFiP », « IMPOTS LOCAUX », « DIRECTION GEN FINANCES PUBLIQUES » | « PRELEV FISCAL », « SCP… », Libellé générique sans mention explicite « Finances Publiques » |
| Date d’opération | Autour du 15 du mois (Janvier à Octobre) | Date aléatoire en milieu de mois, hors des échéances fixes |
| Cohérence du Montant | Correspond à votre échéancier (ex: 108,80 €) | Montant rond (108,00 € pile) ou très variable sans justification |
Consulter son espace particulier sur le site officiel
Le moyen le plus sûr pour lever le doute reste de croiser l’information avec votre dossier fiscal. Suivez cette procédure simple :
- Connectez-vous à votre espace particulier sur le site impots.gouv.fr.
- Rendez-vous dans la rubrique « Paiements » ou « Gérer mes contrats de prélèvement ».
- Consultez votre échéancier. Vous y retrouverez la liste des prélèvements programmés.
- Vérifiez si une ligne correspond à la date et au montant (108 €) débité sur votre compte. Si cela correspond, le prélèvement est légitime.
Arnaque au prélèvement de 108 euros : les signaux d’alerte
Si le libellé ne mentionne pas la DGFiP ou si vous n’êtes pas propriétaire, vous êtes peut-être face à une tentative de fraude ou un abonnement abusif. Les escrocs utilisent de faux mandats SEPA pour prélever des sommes discrètes en espérant passer inaperçus.
Soyez particulièrement vigilant face à ces signaux :
- Libellés obscurs : Des noms de sociétés inconnues, souvent liés à des services de maintenance, d’assurance ou de sites web auxquels vous ne vous êtes jamais inscrit.
- Hameçonnage (Phishing) : Vous avez reçu un SMS ou un e-mail vous demandant de « valider vos coordonnées bancaires » pour un remboursement ou une régularisation. La DGFiP ne demande jamais de coordonnées bancaires par ces canaux.
- Incohérence fiscale : Vous êtes locataire ou vous avez vendu votre bien immobilier il y a plus d’un an, et pourtant le débit persiste.
Que faire en cas de doute ou de fraude avérée ?
La réactivité est votre meilleure arme. Ne laissez pas traîner un prélèvement suspect.
Contester un prélèvement non autorisé
Si après vérification, l’émetteur n’est pas les impôts et que vous ne reconnaissez pas ce débit, contactez immédiatement votre banque.
- Faites opposition spécifiquement sur ce prélèvement et demandez le blocage du mandat SEPA associé (liste noire).
- Exigez le remboursement : Selon la réglementation bancaire, vous disposez de 13 mois pour contester un débit non autorisé (fraude sans signature de mandat). Si vous avez autorisé le prélèvement mais contestez le montant, le délai est ramené à 8 semaines.
- En cas de fraude avérée, la banque doit vous recréditer la somme immédiatement.
Gérer une erreur de l’administration fiscale
Si le prélèvement provient bien des impôts (DGFiP) mais que vous estimez qu’il est injustifié (ex: bien vendu récemment, erreur de calcul), ne faites surtout pas opposition bancaire.
Bloquer un prélèvement fiscal entraîne des pénalités de retard (majorations). La bonne démarche est administrative :
- Utilisez la messagerie sécurisée de votre espace impots.gouv.fr pour déposer une réclamation.
- Expliquez la situation (vente du bien, erreur de montant).
- L’administration procédera à la régularisation et au remboursement du trop-perçu directement sur votre compte bancaire.
Comprendre le calcul : pourquoi le montant varie-t-il ?
Bien que la moyenne soit de 108 euros, votre prélèvement peut être différent. Ce montant dépend directement de la valeur locative cadastrale de votre bien et des taux votés par les collectivités locales (commune, intercommunalité).
De plus, une régularisation intervient souvent en fin d’année. Si les taux ont augmenté, les prélèvements de janvier à octobre (basés sur l’impôt de l’année N-1) peuvent ne pas suffire. Un complément sera alors prélevé en novembre ou décembre pour solder votre compte.
FAQ : Questions fréquentes
Le prélèvement de 108 euros s’arrête-t-il automatiquement ? Oui. Dans le cadre de la mensualisation, les prélèvements cessent après l’échéance d’octobre. Si votre impôt a augmenté, un solde peut être prélevé en fin d’année.
Puis-je demander le remboursement si je ne suis plus propriétaire ? Oui, mais le propriétaire au 1er janvier doit la taxe pour l’année entière. Si vous avez vendu en cours d’année, c’est généralement le notaire qui calcule la répartition (prorata) lors de la vente, mais le fisc continuera de prélever le vendeur pour l’année en cours.
Est-ce que cela peut être la taxe d’habitation ? C’est peu probable pour une résidence principale, celle-ci ayant été supprimée pour la majorité des foyers. En revanche, si vous possédez une résidence secondaire, ce prélèvement peut correspondre à sa mensualisation.
